Cégep de Jonquière

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Devenir son meilleur ami

Une des façons les plus courantes et des plus néfastes qui contribue à augmenter le niveau de stress dans le quotidien se situe dans la verbalisation intérieure.

On a tous une « petite voix intérieure » qui, à la manière d’un commentateur de radio, porte sans cesse des jugements et des commentaires sur ce qu'on dit, ce qu'on fait, ce qu'on pense ou projette, etc. Si l'on pouvait écouter la « petite voix » de chacun, on entendrait probablement un tas de commentaires négatifs.

À vrai dire, on est habituellement le pire juge de soi-même. Ainsi, on n’hésite pas à se traiter de « stupide », « niaiseux », « gêné », « bon à rien », « exigeant », « paresseux », etc. Nous avons tous notre liste. Si on a subi un échec ou fait une erreur, on se le rappelle régulièrement et on s’adresse des reproches répétés. De toutes les espèces animales, seules les personnes humaines sont dotées de cette capacité de se rendre misérables. C’est tout un privilège! L’habitude de se traiter de façon critique et sévère entraîne à la longue une pauvre image de soi et nourrit des sentiments d’insécurité, de peur et d’impuissance.

Il est important que chacun réalise que sa démarche d’apprendre à maîtriser son stress implique d’abord le développement d’attitudes saines et positives face à soi-même. Chacun doit apprendre à agir avec soi-même comme on agirait avec son enfant, c’est-à-dire, de façon encourageante, réconfortante, chaleureuse…

Il est bien important d’apprendre à écouter cette « petite voix intérieure » et de prendre conscience de la nature des messages qu’elle transmet. Est-ce qu’elle aide, encourage, complimente, réconforte ou plutôt, est-ce que cette petite voix dévalorise, injurie, bouscule, menace, etc.? Beaucoup ont probablement été programmés à se traiter négativement. On a donc besoin d’apprendre à devenir son meilleur ami.

Être son meilleur ami, c’est agir avec soi-même comme on agirait avec son meilleur ami. C’est prendre soin de soi et se faire du bien à travers mille et une activités. En voici quelques exemples, libre à vous d’en rajouter :

  • Faire des activités qui me plaisent;
  • Tenir compte de mes préférences;
  • Me dire moi-même des choses agréables;
  • Faire attention à ma santé physique et mentale;
  • Ne pas me mépriser ou me juger sévèrement quand je fais des erreurs;
  • Ne pas m’obliger à être parfait;
  • Me trouver important et aimable pour moi-même;
  • Découvrir mes talents, mes habiletés, mes qualités, mes points forts;
  • Écouter mes besoins et les satisfaire dans la mesure du possible;
  • Chanter, siffler, sourire pour moi-même;
  • Éviter de parler constamment de mes échecs, de mes défauts et parler davantage de mes aptitudes, de mes qualités, de mes ressources;
  • Me faire plaisir en me payant de « petites douceurs », par exemple; voyages, vêtements, sorties, etc.

 

Source

(Boisvert et Beaudry 1979, extrait et adapté de « Le stress au féminin », Union culturelle des Franco-Ontariennes, 1987, p. 116-117).

Nathalie N. Simard, psychologue